Les mois se suivent, et la pression s’accroît : un effet de « Trumpisation » de l’actualité, tant sur les préoccupations internationales que sur nos inquiétudes locales.
Dans tous ces phénomènes d’incertitudes et de positions mouvementées, je tiens à sortir, un instant, la tête de l’eau et saluer une belle victoire politique et syndicale. Garder la maîtrise de notre foncier est une priorité. L’avenir de notre vignoble passe par une transmission sereine aux générations futures de vignerons.
Cet enjeu clé pour notre filière et notre métier, celui qui garantit la pérennité de notre modèle envié d’exploitations familiales, a connu une belle avancée le mois dernier, après notre mobilisation sans faille sur le sujet.
Grâce au tournant décisif de la loi de finances 2025, la coûteuse et complexe transmission de nos exploitations viticoles gagne en souplesse, avec un plafond d’abattement de 75 % relevé à 20 millions d’euros, pour les biens transmis via des baux à long terme, à condition de les conserver pendant 18 ans.
Félicitons-nous de l’engagement du SGV. Félicitons-nous que notre voix ait été entendue. Félicitons-nous de ce résultat. Nous restons engagés pour demander des adaptations supplémentaires, mais ce premier pas fait du bien !
L’avenir de notre vignoble se construit dans la loi, mais surtout dans nos parcelles. Et le manque de renouvellement des vignes est véritablement préoccupant. Nous avons besoin d’un vignoble qui rajeunit davantage.
Évidemment que j’entends les appréhensions que suscite la perspective d’un arrachage.
Sachez que votre interprofession a su mettre en place les leviers nécessaires - notamment une sortie de réserve augmentée - pour que cette opération soit abordée aussi sereinement que possible.
Ce sont des outils créés pour vous ! Pour que vous puissiez agir face au dépérissement du vignoble et, aujourd’hui, à la menace que fait peser la flavescence dorée.
Je nous interpelle tous : depuis un an, la flavescence dorée est dix fois plus présente dans nos vignes. L’action collective est indispensable. Que nous soyons directement concernés ou non, chaque effort compte pour rendre la mobilisation plus efficace et mieux coordonnée.
Alors oui, nous devons être mobilisés aussi bien dans nos vignes que dans l’antichambre législative, mais aussi au commerce ! Cela étant, pour pouvoir tenir sur la durée, il faut aussi se rappeler ce qu’on a déjà construit et gagné.
Réjouissons-nous de la force de notre mobilisation collective. 2025, c’est le centenaire de l’avenue de Champagne, c’est les trente ans de la Route du Champagne en Fête, et surtout, c’est les dix bougies de l’inscription des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco. Alors, trinquons lors de ces fêtes, célébrons ces réussites : nous avons les meilleures bulles pour cela !
Tous ces sujets, et bien d’autres encore, seront abordés lors de l’Assemblée générale du 24 avril au Millésium d’Épernay. Je vous y attends nombreux, avec impatience !