Compromis trouvé ! Si la réunion du 22 juillet dernier n’avait pas permis au vignoble et aux maisons de trouver un accord sur le rendement commercialisable pour la vendange 2020, le 18 août – alors que la récolte venait de démarrer dans la Côte des Bar -, le dernier round de négociation dans le cadre d’un Bureau exécutif du Comité Champagne a permis de parvenir à un compromis à 8 000 kg/ha. Dans un contexte d’incertitude lié aux crises sanitaire et économique, les décisions de vendange ont été prises. Vous retrouverez ci-dessous le détail des mesures applicables à la vendange 2020.

Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère, coprésidents du Comité Champagne : compromis trouvé par les représentants du vignoble et des maisons. © Philippe Schilde
Dégager un consensus n’aura pas été simple cette année entre les deux familles de l’interprofession. Pour mémoire, le vignoble défendait un rendement à 8 500 kg/ha alors que les maisons plaidaient pour un rendement de 7 000 kg/ha. Finalement, les deux familles ont effectué les pas nécessaires permettant d’obtenir un compromis à 8 000 kg/ha.
Le négoce a accepté que le niveau de rendement permette de couvrir les expéditions de l’année 2020, alors qu’initialement sa volonté était d’alléger les stocks. Il a par ailleurs ouvert la possibilité aux récoltants expéditeurs de tirer l’ensemble de leur récolte commercialisable en 2021.
De son côté, le vignoble a accepté un calendrier de paiement sur 5 échéances si les expéditions 2020 sont inférieures à 230 millions de bouteilles, équivalent à un rendement de 8 000 kg/ha. Un rendez-vous est d’ores-et-déjà fixé en janvier 2021 pour faire le constat des sorties enregistrées en 2020. Sur cette base, sera adapté le calendrier de tirage des maisons et des coopératives et sera défini le niveau des 4es et 5es échéances de paiement.
« Au plus juste »
Au cours d’une conférence de presse donnée à la sortie du Bureau exécutif du Comité Champagne, les coprésidents du Comité Champagne ont rappelé les circonstances inédites de cet accord visant « au regard du travail réalisé au cours des décennies passées » à « ne pas prendre le risque de dégrader la valeur du champagne », selon Maxime Toubart. Le président du SGV, face à la situation très complexe vécue depuis mars par la filière, a évoqué le manque de visibilité actuel, tout en disant son espoir « que cela reparte sur tous les marchés du champagne ». Pour lui, il s’agissait de « prendre des décisions au plus juste ».
La crise impacte différemment les opérateurs et touche particulièrement ceux orientés vers le grand export. Vignoble et maisons ont pris en compte la situation des récoltants expéditeurs, dont les ventes ont rebondi en juin et en juillet. Des décisions ont été prises pour qu’ils puissent disposer d’un volume minimum afin de fournir leur clientèle.
Président de l’UMC, Jean-Marie Barillère n’a pas masqué ces craintes quant aux expéditions réalisées par les opérateurs champenois vers les marchés importants pour le champagne que sont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. « A l’export, la chute est drastique. Il nous faut limiter la casse », lance-t-il, en épinglant avec Maxime Toubart le gouvernement français qui ne prend pas la mesure des difficultés rencontrées par la filière (« Notre filière souffre aujourd’hui »). « On sait l’effet de ruissellement que produit le champagne sur notre région. Une baisse de rendement importante aura des répercussions sur la vitalité économique de la région », conclut Maxime Toubart.

© Philippe Schilde