Olivier Robbe : « Il faut savoir attirer la main-d’œuvre »

Olivier Robbe, président de la Délégation des employeurs du SGV, souligne de belles avancées enregistrées au cours des dernières années, même si de grands travaux restent à entreprendre dans le domaine de l’emploi.

Temps de lecture : 3 minutes

Auteur : Guillaume Perrin

Si l’on revient sur les deux dernières années, quels ont été selon vous les dossiers importants pour les exploitations viticoles de la Champagne ?
Olivier Robbe : Ces deux dernières années ont été marquées par plusieurs points. Je citerai en premier le plan Ensemble pour les vendanges qui a mobilisé toute la filière. Ce plan a permis un réel travail collectif avec de très nombreux partenaires en vue de renforcer la santé et la sécurité des travailleurs et de véhiculer à l’échelle de la filière les mêmes messages de prévention.

Ensuite, on peut relever quelques succès syndicaux avec : la pérennisation de l’exonération TO-DE avec une formule de calcul modifiée (permettant une exonération à partir de 1,25 SMIC contre 1,20 SMIC auparavant), fruit d’une forte mobilisation aussi bien du SGV que de toute la filière agricole. On peut aussi souligner la reconduction des dérogations au temps de travail sans contrepartie, lesquelles sont indispensables à nos exploitations viticoles.

Concernant les négociations avec les partenaires sociaux, nous regrettons de ne pas avoir réussi à signer d’accord collectif territorial. Néanmoins, sur les années 2024 et 2025, le dialogue s’est tout de même poursuivi sur d’autres sujets : nous avons réussi à nous mettre d’accord sur quelques avancées en matière de santé et de prévoyance visant à renforcer la protection de la santé des travailleurs.

 

L’attractivité des métiers de la filière viticole est au cœur des débats et faisait d’ailleurs l’objet de la table ronde de votre assemblée générale. Comment la définiriez-vous ?
La viticulture fait partie des métiers en tension. Nos métiers souffrent d’un manque d’attractivité et sont méconnus. Nos métiers reposent avant tout sur des traditions, et des règles définies par les cahiers des charges : c’est ce qui les rend passionnants. Leur attractivité réside dans la diversité des tâches qui évoluent selon les saisons : la taille en hiver, les travaux en vert, les vendanges, puis la vinification et la commercialisation dans le monde entier, qui est une belle forme de reconnaissance. Nos métiers sont aussi liés à la beauté de nos paysages et de nos coteaux, que nous entretenons au quotidien.

Enfin, dans les exploitations, l’attractivité du travail passe par la polyvalence des tâches : dans nos exploitations, un salarié est capable d’intervenir dans tous les domaines, ce qui évite la monotonie.

Il est important de savoir mettre tous ces points en valeur et de les faire connaître. Il faut savoir attirer la main-d’œuvre et lui donner envie de venir.

 

Quels sont les enjeux majeurs qui marqueront l’année 2026 ?
Pour le SGV, l’un des enjeux majeurs pour l’année à venir sera de renégocier la dérogation à l’hébergement pour lui conférer une durée indéterminée. Cette dérogation est très importante, car elle incite les employeurs à héberger et participe à l’amélioration des conditions de travail dans les exploitations viticoles.

Un autre sujet important est : les dérogations au temps de travail. Nous devons impérativement préserver nos dérogations au temps de travail pendant les vendanges : il est vital de maintenir les 72 heures hebdomadaires pour les salariés affectés au pressurage, en cuverie ou au transport, et les 60 heures pour les cueilleurs. Des bilans qualitatifs et quantitatifs annuels sont désormais exigés par les DREETS, mais ils ne peuvent servir de base à l’octroi d’une dérogation d’une année sur l’autre parce qu’une vendange ne ressemble jamais à une autre, tout dépend du climat et les récoltes doivent s’opérer sur une période courte dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Sans les dérogations au temps de travail, je ne vois pas comment nous pourrions faire les vendanges. On ne peut pas laisser les raisins sur pied ; c’est tout un écosystème qui serait mis en péril.

Enfin, parmi les sujets importants, figurera l’attractivité des métiers, il est primordial de savoir faire connaître nos métiers en vue d’attirer la main-d’œuvre.

De nouveau administrateurs élus

Cette assemblée générale a permis de procéder au renouvellement de la moitié du conseil d’administration de la Délégation des employeurs, avec 13 membres élus pour une durée de 4 ans : Sophie Signolle et Caroline Sanchez (Côte des Blancs), Sébastien Sanchez (Grande Vallée de la Marne), Florian Gondé (Grande Montagne de Reims), Alexandre Prat (Congy Sézanne Vitry), Sylvie Malgras et Jean-Marc Charpentier (Vallée de la Marne), Caroline Ariston (Secteur ouest et massif de Saint-Thierry), Karine David, Sandrine Gratiot et Christophe Lemoine (Vallée de la Marne Ouest et Seine-et-Marne), Sophie Perret-Bauser et Véronique Delagneau (Côte des Bar — Haute Marne).

Marjorie Arrasse, SGV/GP

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