Moins d’herbicides, mais plus d’érosion
Grâce au travail du sol, l’usage des herbicides a considérablement baissé en Champagne depuis une dizaine d’années. Il s’agit donc d’un progrès environnemental indéniable, d’autant plus que les herbicides et leurs produits de dégradation sont parmi les polluants les plus retrouvés dans les captages d’eau potable et les sols.
Cette pratique améliore également la structure du sol et l’infiltration de l’eau lors de pluies courantes. La donne s’inverse toutefois lorsqu’on fait face à une pluie d’orage. Le travail du sol, en aérant et en retournant la terre, accentue en effet le phénomène de désolidarisation des agrégats du sol et donc l’érosion. Une vigne travaillée et non couverte ou non enherbée est alors très sensible aux ruissellements intenses, qui pourront facilement conduire à de l’érosion.
Les conséquences de l’érosion
L’érosion liée au travail du sol peut aussi entraîner des conséquences pour la commune. Les routes et chemins peuvent être encombrés par la terre et les fossés peuvent être bouchés, créant des risques pour la sécurité routière et des dépenses supplémentaires pour les collectivités ou les ASA, qui doivent assurer la bonne gestion de ces infrastructures.
Par ailleurs, les sédiments transportés par le ruissellement peuvent finir leur course dans des réseaux d’assainissement ou des cours d’eau, ce qui contribue à aggraver leur état. Ces sédiments transportent également souvent avec eux des produits phytosanitaires et leurs métabolites de dégradation, ce qui entraine une diffusion des polluants vers les milieux aquatiques.
Pour la sécurité civile et la protection de l’environnement, il est donc important que la terre des vignes reste à sa place.
Une solution : l’enherbement
Pour ce faire, l’enherbement des interrangs, mais également des tournières et bordures de parcelles est un allié précieux. Des modélisations montrent que des vignobles bien enherbés peuvent réduire le taux d’érosion jusqu’à 50 % par rapport à des sols nus. Il est donc conseillé de trouver l’équilibre adapté à la situation de chaque parcelle, en combinant travail du sol, enherbement et autres techniques de gestion et couverture du sol (paillages, couverts végétaux…), sans oublier d’adapter d’autres pratiques culturales de manière à garantir la production.
Un appel à plus de civisme est aussi sans doute nécessaire. Les exploitants sont fortement encouragés à entretenir les routes et fossés (balayage après le passage des machines, nettoyage des dépôts) afin de réduire au maximum les nuisances liées au travail du sol et à l’érosion.
Dans tous les cas, la solution passe par une gestion responsable individuelle, mais aussi collective, des impacts du travail du sol et de l’érosion.
Cellule Érosion, Chambre d’agriculture de la Marne


