Une réunion interministérielle inédite promise à la viticulture
C’est l’une des annonces politiques inattendues du salon. En visite sur le Pavillon des vins, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé l’organisation d’une réunion interministérielle consacrée spécifiquement à la viticulture.
L’objectif est de mettre autour de la table plusieurs ministères — agriculture, santé, environnement, travail ou commerce extérieur — et nos organisations viticoles nationales afin de traiter l’ensemble des problématiques de la filière et bâtir une feuille de route partagée, avec à la fois des réponses à court terme et une vision stratégique à horizon de dix ans.
Le cuivre, sujet central et d’urgence politique
S’il ne fallait retenir qu’un dossier technique dominant les discussions du salon, ce serait celui du cuivre. La sécurisation de son usage en viticulture a été évoquée dans la quasi-totalité des rendez-vous politiques.
La Cnaoc, le Cniv, la Fnab et France Vin Bio ont organisé une conférence de presse commune pour alerter sur les impasses techniques auxquelles la filière pourrait être confrontée. Les organisations professionnelles de la production (FNSEA, VINIGP et Coopération agricole), emmenées par la Cnaoc, demandent notamment un nouveau dépôt d’homologation par les firmes, la prise en compte des usages réels dans les évaluations scientifiques et la mise en place d’une feuille de route coordonnée avec l’État et les instituts techniques. L’objectif plus général est la mise en œuvre effective d’un cadre unique européen, avec une reconnaissance mutuelle des AMM, afin de mettre fin aux distorsions de concurrence et de donner aux vignerons les outils pour continuer à produire, en bio comme en conventionnel.
La bataille se joue désormais aussi sur le terrain judiciaire : la Cnaoc, la FNSEA, VINIGP, VCF, la Fnab et France Vin Bio s’associeront à tous les recours engagés par les firmes contre les décisions de non-réhomologation des AMM par l’Anses. L’objectif : permettre aux spécialités qui ne sont plus sur le marché d’être à nouveau commercialisées pour trois ans. En parallèle, une réunion avec le ministère de l’Agriculture, les firmes et l’agence sanitaire a eu lieu le 20 mars pour tenter de sortir de l’impasse.
L’Europe très attentive aux dossiers viticoles
Autre particularité de cette édition : la présence marquée de représentants européens sur le Pavillon des vins, avec en invité d’honneur Christophe Hansen, le Commissaire européen à l’agriculture. Plusieurs délégations d’eurodéputés ont également rencontré les représentants de la filière.
Parmi les priorités évoquées : la préparation de la prochaine Politique agricole commune et la sécurisation du budget viticole, la mise en œuvre du « Paquet vin », ou encore la création d’un guichet unique européen pour les droits d’accises sur l’alcool. La filière a également attiré l’attention des eurodéputés sur les enjeux de commerce international et la question du cuivre s’est également invitée dans ces échanges, preuve que le dossier dépasse désormais largement le cadre national.
Autre signal venu de Bruxelles : l’annonce par le Commissaire européen à l’agriculture du déblocage d’une enveloppe de 40 millions d’euros pour la distillation des vins rouges et rosés, une mesure destinée à accompagner les difficultés du marché.
Le volet social et la santé mentale
Une convention de partenariat a été signée avec la MSA pour renforcer la prévention du mal-être et l’accompagnement des exploitants viticoles en difficulté. Les ODG, en contact direct avec les vignerons, pourront ainsi jouer un rôle de « référent » renforcé auprès des caisses régionales et faciliter l’intervention des dispositifs de soutien.


