Courthiézy, au cœur des paysages de Champagne

Des coteaux à perte de vue qui font la part belle au Meunier, de vieilles pierres et des lavoirs témoignant du passé, une église atypique implantée au cœur du vignoble : le village vallonné de Courthiézy exalte la beauté des paysages de Champagne, dans toute leur diversité.

Temps de lecture : 4 minutes

Auteur : Sarah Legrand

« Qu’elle est belle, notre vallée ! » Rémi Malgras aime contempler les panoramas offerts depuis les hauteurs du vignoble sur Courthiézy, village de quelque 350 âmes au charme indéniable. Il faut dire que l’automne apporte son lot de couleurs aux paysages alentour et lui confère un joli effet « carte postale ». Cette commune…

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Le pipit des arbres, un habitant à protéger

Au même titre que la vipère aspic, le lézard des souches ou la linotte mélodieuse, le pipit des arbres, petit passereau friand des lisières et des clairières, s’observe au lieu-dit des Coqs, classé ZNIEFF. Particularité de cet oiseau, il niche à terre, sous les herbes, et repart vers le Sahel, sa zone d’hivernage, dès l’élevage des jeunes terminé.

Un village animé

Faute de fédérer suffisamment de participants, la fête communale de Courthiézy s’est recentrée sur deux jours, au lieu de trois, il y a une douzaine d’années. « On l’avait déjà décalée à fin août pour ne pas tomber sur la période de vendange, rappelle Jérôme Goury. Douze ans plus tard, sans avoir modifié le calendrier, elle coïncide de nouveau avec la vendange. » Preuve, s’il en était besoin, que le réchauffement climatique a changé la donne. Si modeste soit-elle sur le plan démographique, Courthiézy compte un restaurant, une coiffeuse, un plombier, bientôt deux gîtes. Et elle n’a pas à rougir des animations proposées aux habitants : brocante du 8 mai, colis des aînés en fin d’année, sortie familiale au printemps, galette des rois. Sans oublier la randonnée annuelle de l’amicale des jeunes, relancée cette année, et le marché nocturne initié pour la première fois en juin, en lien avec les récoltants-manipulants.

L’église Saint-Omer, avec vue sur les vignes

Pour y avoir célébré leur mariage, Sylvie et Rémi Malgras sont formels : l’église Saint-Omer de Courthiézy, datée du XIIe siècle, présente un sol pentu, comme les coteaux qui l’entourent. « Il suffit de placer un seau d’eau par terre pour s’en rendre compte, sourit le couple. C’est aussi ce qui fait son charme. Elle se situe en hauteur, isolée du village. À l’époque, dit-on, c’était pour se prémunir contre l’épidémie de peste noire. » La toiture et les vitraux de l’édifice ont fait l’objet d’une rénovation au début des années 2000.

Comme un petit air de montagne

Enfant du pays, Sylvie Malgras se remémore les parties de luge qu’elle partageait avec ses amis l’hiver, en forêt. « Dès qu’il neigeait, on en profitait pour glisser sur les chemins pentus ! La tradition, petite, c’était aussi d’aller chercher de l’eau fraîche à la fontaine pour la consommation de la famille. Il y a beaucoup de sources dans le coin » Coutume était également de se réunir autour du feu et de contempler la vallée depuis le Beau Regard. « On ne dérangeait personne, ça s’est transmis de génération en génération. On jouait dans les lavoirs. Plusieurs sentes les alimentent, dont celle dite « de l’homme sauvage », qui traverse la forêt. Les enfants du hameau des Coqs l’empruntaient pour rejoindre l’école, mais on ne sait pas pourquoi elle s’appelle ainsi. »

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