Le point sur ce dossier sensible

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Les experts des Vingt-huit, réunis le 27 novembre à Bruxelles, ont voté le renouvellement de l’autorisation d’utiliser le cuivre en agriculture, dossier très sensible pour la viticulture bio.

Un peu de réglementation …
Le cuivre est un des seuls produits minéraux, avec le soufre, autorisé par le règlement européen de l’agriculture biologique pour lutter contre les bactéries et les champignons. Jusqu’alors limité à 6kg/ha/an de manière lissée sur 5 ans, le cuivre métal est une substance active présente dans différents produits de protection des plantes (PPP).
La substance active « cuivre », est soumise à réévaluation régulière par l’Europe tous les 7 ans. Cette procédure a démarré depuis mi-2015. Mais comme le dossier a pris du retard, cette date a été repoussée d’un an.
Schéma des procédures de ré-évaluation du cuivre (source FNAB)
Pour ce dossier, la Commission européenne a désigné deux membres rapporteurs pour travailler sur le sujet : l’ANSES, en France, et l’UBA en Allemagne. Ces deux agences ont travaillé depuis 2015 sur les études fournies par les fabricants de produits cupriques et ont rendu leur rapport à l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) en avril 2017. Courant 2017, différentes réunions ont été organisées par l’EFSA avec des experts indépendants pour vérifier les données et demander des informations complémentaires aux fabricants. Leur  rapport final a été publié le 16 janvier 2018.
La Commission Européenne a, dès lors, eu 10 mois pour travailler sur le texte de ré-approbation de la substance active et le proposer au vote des Etats membres, le 23 octobre dernier. La Commission européenne a proposé une limite de 28 kg/ha sur 7 ans, avec lissage (possibilité de dépasser le seuil de 4 kg/ha/an si, les années de faible pression du mildiou, la vigne a été moins traitée). Toutefois, de nombreux États membres, qui formaient une minorité de blocage, ont jugé ce projet trop laxiste, et se sont opposés au lissage.
Le vote a donc été repoussé au 27 novembre, et la proposition de la Commission a finalement été adoptée. Mais cette décision ne satisfait pas les viticulteurs français, qui vont être obligés de baisser la dose de cuivre utilisée.

Il n’y a pas de solution miracle de remplacement total du cuivre” INRA

« Nous demandions un statu quo, explique Pascal Doquet, président de l’Association des Champagnes Biologiques. Nous pensons que le processus de ré-autorisation du cuivre est faussé, car il est exactement le même que pour les produits de synthèse. Aux doses utilisées jusqu’à présent, on ne crée pas dans les sols de désordre supplémentaire : le cuivre, quand il s’accumule dans le sol, se combine avec la matière organique. Pour preuve, des études sont faites sur des exploitations bio champenoises : depuis 1999, la qualité et la vie dans les sols s’améliore ! Ce qui pose problème, c’est que la baisse des doses autorisées va constituer un frein supplémentaire à la conversion et compliquer le maintien des exploitations en Agriculture Biologique, alors qu’elle n’est pas argumentée scientifiquement. C’est un compromis politique qui n’a rien à voir avec la réalité du terrain. »
En effet, aux Pays-Bas ou au Danemark, les composés du cuivre sont interdits à usage phytosanitaire. Ils militent donc pour que cette interdiction soit généralisée en Europe. Cependant, ils font partie des plus gros utilisateurs européens de cuivre en engrais foliaire. On peut y voir une certaine ambiguïté, étant donné que dans tous les cas le cuivre se retrouve dans le sol.
La question du cuivre est particulièrement importante en viticulture, notamment biologique. D’après l’Inra, il n’y a pas de solution miracle de remplacement total du cuivre, chaque méthode testée n’ayant isolément que des effets partiels. L’Inra insiste sur le fait que c’est la combinaison de méthodes alternatives qui permettra aux agriculteurs de baisser les doses de cuivre employées.
Face à cet enjeu décrété comme prioritaire, la profession viticole s’est fortement mobilisée auprès des instances officielles. Le gouvernement va donc mettre en place un plan national sur le cuivre, afin d’accompagner le monde agri-viticole sur cette question de haute importance.

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