François-Xavier Demaison : « Pour affronter l’avenir, il va falloir jouer collectif » 

Le comédien-vigneron François-Xavier Demaison était l’invité d’honneur de l’assemblée générale du SGV. Au terme de son intervention pleine d’humour, il s’est livré à quelques confidences sur son quotidien et sa passion pour le champagne...et la Champagne. 

Temps de lecture : 3 minutes

Auteur : Guillaume Perrin

Votre amour du vin est devenu de plus en plus concret au fil du temps… 

Je suis maintenant viticulteur dans le Roussillon, en IGP Côtes catalanes et en AOP Côtes du Roussillon. Cela vient de l’attachement à sa terre de ma femme Anaïs, qui a fait que j’ai rencontré Dominique Laporte là-bas, et on s’est dit y « Allez, créons modestement un domaine ! ». Et c’est notre cinquième millésime pour le domaine Mirmanda. C’est une histoire de cépages autochtones, vendangés à la main, et une toute petite production. C’est vraiment une aventure qui me plaît beaucoup.  

J’aimerais être vigneron à plein temps, mais cela n’arrivera pas tout de suite ! J’adore mon métier d’acteur, et j’ai la chance de faire plein de choses variées. Cette diversité me plaît beaucoup. 

 

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous lie à la Champagne ? 

Ce qui m’attache à la Champagne, c’est le tournage du film « Champagne » par Nicolas Vanier. Ce sont des dégustations, des moments d’amitié très forts, qui font que chaque fois que je reviens ici, ce sont de merveilleux souvenirs. Mais ce sont aussi des rencontres extraordinaires avec des vignerons qui sont devenus des amis, à l’instar de Sébastien (Le Golvet NDLR) du Champagne Henri Giraud, mais aussi Jean-Marc Sélèque, Frédéric Savart ou encore le Champagne Leclerc-Briant, avec qui on a fait quelque chose d’extraordinaire. On a immergé 60 de mes cuvées au large de Brest pendant un an. Et lorsqu’on les a dégustées, c’était tout à fait étonnant. Ils sont vraiment de grands maîtres en la matière. 

Avant de venir en Champagne, je pense que je connaissais la bulle, et maintenant je connais le vin. Je connaissais du champagne le côté pétillant de la célébration, comme tout le monde, et là, j’ai découvert une réalité de terroirs et de gens, de personnalités qui travaillent la vigne de manières très différentes. J’ai beaucoup plaisir à goûter toute cette diversité.  

Mon personnage dans le film était un vrai béotien, il posait des questions idiotes, complétement en décalage. Elsa Zylberstein a quant à elle beaucoup pratiqué sa préparation avec Élise Bougy. Mon souvenir le plus fort, c’est le tournage de la scène du gel, avec les vignes qui se mettent à geler… On était avec des réchauds, on a fait une nuit blanche… Cela a donné des images magnifiques à l’écran, et ça montrait bien la difficulté des vignerons face à cette incertitude permanente que forment le climat et la nature, ça m’avait touché. 

Dans mon livre « Tournée Générale », je consacre d’ailleurs un chapitre à la Champagne, à qui je déclare toute ma flamme, avec une interview de Sébastien Le Golvet, et d’Elsa Zylberstein. Et s’il y a un « Champagne 2 » — je ne suis pas sûr que cela arrive –, et si je peux passer deux mois en Champagne… Je signe tout de suite ! 

 

Que retenez-vous de cette assemblée générale ? 

Il y a des invitations qui ne se refusent pas : j’ai appris plein de choses sur la Champagne et les problématiques auxquelles sont confrontés les vignerons, et qui sont valables dans toutes les régions. Les invités venaient d’Allemagne et d’Italie, donc cela veut bien dire que ces problématiques sont communes. C’était en tous cas une belle rencontre avec des passionnés, et c’était un super moment. 

De cette assemblée générale, je retiens cette table ronde et cette confrontation très intéressante. J’ai pris conscience que pour affronter les enjeux d’avenir, il va falloir jouer collectif. Et pas uniquement par AOC ou par terroirs ou régions, mais peut-être avancer de manière plus globale, nationale, voire européenne. 

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