Oger, source d’élégance florale et de grillé velouté

Oger est un cru de Champagne de la région Côte des Blancs, situé à 14 km au sud-est d’Épernay.

Temps de lecture : 3 minutes

Auteur : Geoffrey Orban, Educavin

Devenu Grand cru en 1985, son vignoble de 401,90 hectares est réparti autour du village, sur une bande d’environ 4 km de largeur. Notons toutefois quelques parcelles de vignes en bas de versant dans la continuité du Mesnil-sur-Oger, au nord (lieudit Chemin de Flavigny) et au sud (lieudits Tilleul et Feu de Joie).

Le coteau d’Oger est une portion de la côte de l’Île-de-France qui relie la plaine crayeuse au plateau de la Brie. Il présente une forme en < témoignant d’une érosion singulière du plateau. Cela oriente les galipes vers l’est, le sud-est et le nord-est, avec quelques regards vers le nord-ouest et le sud.

En effet, l’érosion ancienne a généré des mamelons plus ou moins étendus, avec parfois des crêtes crayeuses devenues de véritables rampes au creux desquelles on peut retrouver des couches parfois épaisses de colluvions. Cela concerne huit zones sur le finage, enrichies de graveluches limoneuses, de limons calcaires jaunâtres ou de limons argileux mêlés à des éclats de meulière.

La géologie d’Oger est représentée par la craie blanche et tendre du Campanien (pentes entre 2 et 5 %), devenant plus diaclasée lorsque la pente s’infléchit nettement à partir de 150 m (pentes entre 11 % et 20 %). Cela facilite l’infiltration des eaux et la naissance de sources, dont certaines convergent vers le village où elles ont alimenté de nombreux lavoirs. D’ailleurs, la nuisance sonore de crapauds ou botterets, autour de l’ancien château, semble être à l’origine du gentilé du village.

Le toit de la craie, devenue durcie et marneuse pendant le Thanétien, atteint 190 m d’altitude, moins élevé que celui des crus voisins en raison de mouvement d’oscillation de la côte. Au Sparnacien un régime laguno-continental dépose des argiles surmontées par quelques sables grossiers du Cuisien. Le complexe Lutétien supérieur/Bartonien débute par des argiles visibles au sud, où elles furent exploitées pour la fabrication de tuiles et de briques. La corniche est assurée par des bancs calcaires massifs. Des argiles à meulière occupent le plateau de 225 m à 245 m d’altitude, où se situe les pâtis, zone de pâturage des ovins et de bovins jusqu’en 1900 et parsemée de mares résultant de l’exploitation d’argile (tuilerie, amendement viticole) ou de meulière (bâti) par les habitants.

 

Un Chardonnay révélateur

La typicité sensorielle des champagnes d’Oger dépend de la craie à effet marin épuré (franchise crayeuse, craie humide et salinité), la craie plus limoneuse et plus grasse à évocation florale et charnue, et des terres colluvionnées à sensation plus enrobée et grillée. À cela s’ajoutent des zones de maturité hâtives et tardives, ainsi que la fraîcheur de notes anisées et mentholées.

Le révélateur de ces nuances est le Chardonnay qui domine à 99,6 %, suivi par le Pinot noir. L’élégance florale (acacia, rose fraîche, aubépine) est une signature, mêlée à des notes de citron, d’amande, de poire, évoluant plus ou moins rapidement vers la noisette, le miel d’acacia, la crème fraîche, le beurre et le grillé (torréfaction légère).

D’une manière générale, les champagnes d’Oger associent une élégance florale à une sensation charnue qui évolue plus rapidement que ses voisins vers des sensations veloutées, miellées et grillées.

Côté assiette, pourquoi ne pas picorer quelques pépites de parmesan affiné 24 mois, avant un saumon gravlax et crème de raifort à la vodka, une sole meunière au beurre et citron, une poire pochée au Champagne et sorbet poire, voire une verrine de crémeux de citron et meringue fraîche. Les champagnes plus matures feront écho à des saint-jacques mi-cuites sur crème de fèves avec une émulsion de noisettes, un œuf parfait aux herbes et girolles poêlées, ou des fromages de chèvre à votre goût.

Bon appétit et joyeuses fêtes… Champagne !

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