La formation, gage de crédibilité

« Si on ne réfléchit pas en amont aux solutions à mettre en œuvre, on court à la catastrophe. »
Ce qui aurait un peu tendance à l’agacer par les temps qui courent, Romain Guibert, c’est d’en voir certains reprendre une exploitation seulement nantis d’une rapide formation générale, alors que d’autres ont fait de… vraies études pour apprendre le métier de viticulteur. Il y perçoit, d’entrée de jeu, un manque de technique flagrant. "Je trouve qu’il n’y a pas assez de contraintes pour reprendre une exploitation. Il y va de la crédibilité collective de ce que nous faisons." A ses yeux, cela pose aussi le problème de l’avenir des récoltants-manipulants et de l’équilibre avec le négoce. "La facilité, c’est de vendre le raisin. Or ici, dans la Vallée de la Marne, nous avons intérêt à valoriser notre produit."
On l’a compris, la formation est un de ses chevaux de bataille (on n’ose pas dire son… dada). "Pour ma part, j’apprends en permanence, je voyage, je rencontre des vignerons issus d’autres vignobles, je suis toujours à la recherche de la connaissance." A ce titre, Romain Guibert n’hésite pas à participer aux formations thématiques organisées par le syndicat. "C’est un plus qui nous aide beaucoup. Et dans les groupes de travail du Groupe des jeunes, nous lançons des idées de formation qui sont ensuite mises en œuvre - apprendre à souder, se perfectionner en anglais, savoir utiliser tel ou tel logiciel informatique… Une formation à la soudure, par exemple, me semble pertinente. Cela nous permet d’effectuer nous-mêmes des petites réparations et l’argent ainsi économisé (car, sous prétexte que l’on est en Champagne, les prestations coûtent cher !) pourra être affecté à de futurs investissements."