Maison Huiban : un esprit de famille du champ à la bouteille

Les frères Augustin et Paul-Louis Ammeux, installés à Jonquery, cultivent leur singularité en développant une gamme de spiritueux aux côtés des champagnes conçus par leurs aînés.

Temps de lecture : 3 minutes

Auteur : Guillaume Perrin

Les frères Augustin et Paul-Louis Ammeux, installés à Jonquery, cultivent leur singularité en développant une gamme de spiritueux aux côtés des champagnes conçus par leurs aînés.

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Des grandes cultures à la vigne, une influence réciproque

Au sein de l’exploitation familiale, les deux frères aiment être libres de leurs choix en gardant « du bon sens paysan » ; ils préfèrent conserver les pratiques qui leur semblent judicieuses, tout en s’assurant de préserver la santé des personnes qui y travaillent, « à une époque où le sujet de la pénibilité est de plus en plus évoqué ». Lorsque la pression sanitaire monte, « l’objectif reste de sauvegarder la vigne. »

9 ha de vignes sont travaillés en vue d’une mise en bouteilles, et une partie de la récolte est vendue au négoce. Pour 80 % de l’exploitation, les crus représentés sont ceux de Jonquery, Olizy et Violaine, complétés par des vignes de Venteuil et de Fontaine-sur-Aÿ. Le Meunier se taille la part du lion avec près de 80 % de l’encépagement ; il constitue d’ailleurs le fil conducteur de la gamme de cuvées maison, qui affichent des durées de vieillissement variées, et des dosages ayant « fortement baissé » au fil des années.

En tout, ce sont 14,75 ha de vignes qui sont exploitées, sans oublier la partie agricole qui représente 240 ha — pâtures incluses. L’ensemble de l’exploitation est certifié Haute valeur environnementale niveau 3, y compris la partie agricole.

Car ce qui caractérise le travail de la famille Ammeux, c’est l’influence des grandes cultures sur les pratiques viticoles, et vice-versa. Blé, orge et colza sont cultivés en semis direct, avec également la présence de maïs, de pois protéagineux et de tournesol dans la rotation : de quoi inspirer des essais à la vigne, aussi bien en implantation de couverts végétaux qu’en stockage de matière organique dans les sols.

 

Le ratafia est aussi de la partie

En plus du whisky, du gin et de la fine, Paul-Louis et Augustin Ammeux préparent la production de leur propre ratafia. Fort de 10 mois de vieillissement, le projet devrait aboutir en juillet.

Dès la vendange 2024, les deux frères espèrent également développer un modèle novateur : réaliser de la prestation de distillation de rebêches apportées par des collègues vignerons. « Vu le décollage commercial du ratafia, cela leur permettra de proposer un produit issu de leurs raisins ! », argumentent les frères, qui s’appuient sur une large expérience en matière de spiritueux personnalisés et élaborés avec soin.

Tout au long de l’année, le duo propose également des alcools issus de leurs propres rebêches, avec ou sans vieillissement. « On les traite comme un vin classique, avec en plus un passage dans notre alambic haut de gamme ! »

 

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