Soyons les acteurs de notre avenir

Par Maxime Toubart, président du SGV Champagne

7/09/23

Temps de lecture : 3 minutes

Auteur : Maxime Toubart

Tout d’abord, je profite de cet édito pour saluer la mémoire de Marc Brugnon qui nous a quittés cet été. Vous lirez l’hommage que nous lui rendons dans les pages de votre magazine.

Marc a gravé son nom dans l’histoire du Syndicat, qu’il a présidé de 1978 à 1994, et d’une manière générale dans l’histoire de la Champagne. Il a œuvré de tout son cœur et de toute sa détermination pour développer l’excellence de nos vignes et de nos vins, nous lui en serons éternellement reconnaissants.

J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et ses proches.

En ces premiers jours de septembre, la vendange bat son plein dans l’ensemble de l’Appellation. Je sais que cela n’est pas facile dans tous les secteurs, le botrytis et l’oïdium ont fait quelques dégâts, mais la vigne est généreuse, les grappes sont d’une grosseur impressionnante, et avec un peu de tri et du courage nous devrions rentrer une belle récolte.

Cet été, au sein du Comité Champagne, nous avons décidé d’un rendement commercialisable de 11 400 kilos à l’hectare. C’est un rendement raisonnablement optimiste et prudent au regard d’une conjoncture économique quelque peu incertaine. Ce qui nous rassure, c’est l’amour grandissant des amateurs pour le champagne, et les cuvées de vignerons ne sont pas en reste.

La nouveauté de cette année, c’est notre volonté de renforcer encore plus nos outils de régulation, car on constate avec inquiétude une baisse de 25 % de nos rendements depuis 2010 à cause principalement des aléas climatiques, des maladies de dépérissement de la vigne et du vieillissement du vignoble.

En tant qu’Organisme de défense et de gestion de l’AOC, nous avons donc demandé à l’Inao de relever le plafond de la réserve individuelle de 8 000 à 10 000 kilos. L’Institut, qui a accepté d’examiner le dossier en urgence, a rendu un premier avis favorable et prendra une décision définitive courant septembre.

Ce dispositif s’ajoute à ce que nous avions construit en 2022 avec la sortie de réserve différée. Il s’agit de profiter pleinement des belles récoltes pour améliorer encore la capacité de résilience de la filière et assurer l’équilibre des marchés.

Votre Syndicat poursuit son travail d’influence auprès des institutions françaises et européennes pour préserver notre outil de travail et l’économie de nos domaines. Plusieurs dossiers urgents sont sur la table.

L’emploi bien sûr, car c’est une problématique qui s’aggrave d’année en année face à la complexité d’embaucher plus de 100 000 vendangeurs pendant une quinzaine de jours. Nous avons obtenu à force de mobilisation, un allégement des conditions d’hébergement : c’est une belle avancée, mais cela n’est pas suffisant. Nous remontons au créneau pour obtenir des solutions qui facilitent vraiment l’emploi.

Et puis à l’échelle européenne, le sujet des produits phytosanitaires nous inquiète particulièrement. Je vous rappelle que les recommandations de la Commission sur la réduction des traitements et l’extension des ZNT entraîneraient en France une baisse de la production de raisins estimée à 28 %. C’est inacceptable.

Nous sommes entièrement favorables à la transition écologique et nous le prouvons depuis des années dans nos pratiques. Nous sommes des gens responsables, adultes et professionnels, en lien direct avec la nature. Nous ne voulons plus voir débarquer des textes hors sol, qui pèsent sur notre travail et pour lesquels nous n’avons même pas été consultés. Nous voulons participer à la construction de notre avenir.
Il faut que le gouvernement français joue son rôle au sein du Conseil des ministres de l’Europe et rassemble une majorité pour obliger la Commission à revoir sa copie.

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